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Peter Gabriel - Up
Après une (trop) longue attente, Peter Gabriel est de retour. Bien sûr l'homme a un peu vieilli, comme nous tous, il a perdu quelques cheveux et quelques illusions aussi. Mais l'archange sommeille toujours - deep inside - et ce nouvel album UP nous le prouve à nouveau: ni la voix (les « gabrielese ») ni le style n'ont pris une ride. Peter consumant l'héritage de la World avec « growing up », ironique et désabusé avec « the barry williams show » (we're gonna take you where you wanna go!), sublime de tristesse (« I grieve »). On sent quelques allusions musicales appuyées à son passé « charismatique » et, au fond, une grande mélancolie: le duo « signal to noise » post mortem avec Nusrat Fateh Ali Khan est simplement bouleversant. UP est une totale et sublime réussite. On attend maintenant qu'une chose, retrouver Peter en UP live. Showtime! Come on down!
Oasis - Heathen Chemistry
Il aura fallu attendre le cinquième album des frères Gallagher pour apercevoir un semblant d’humanité et de maturité. Car il faut bien le dire, après un troisième album plus que médiocre et un quatrième plutôt mouvementé (avec annulation de concerts à tout va et sans raison), le petit dernier est vraiment bon. Peut-être tout simplement parce que cette fois-ci Noel n’a pas fait preuve d’égoïsme et a laissé son frère, Liam, aux commandes de quelques unes des chansons. En effet, c’est la première fois que l’on découvre des chansons signées Liam (pour les textes et la musique !) : « Songbird », « Born on a different cloud » et « Better Man ».

Un nouveau souffle pour les membres du groupe et spécialement pour Noel qui signe habituellement tous les titres et qui aurait une légère tendance à la facilité en se répétant de temps en temps ou à carrément aller piquer les accords d’intro des Beatles (souvenez-vous « Don’t look back in anger »…). Mais ne lui jetons pas la pierre, Noel Gallagher signe ici de très bons morceaux comme « The Hindutimes », « Force of Nature », « Little by little » (ma préférée de loin). En bref, la pop anglaise des frères Gallagher fait toujours son petit effet, espérons que, comme ils aiment à le répéter dans leurs récentes interviews, les querelles entre frères appartiennent au passé et qu’ils grandissent enfin un peu.
Something For Everybody
Voilà un album introuvable en France, du moins pas à ma connaissance. C’est au hasard de quelques heures passées sur Internet que j’ai découvert son existence. « Something For Everybody » est un must pour les fans de l’illuminé Baz Luhrmann. Cet album regroupe les chansons remixées et réinterprétées des films et pièces de théâtre de Baz Luhrmann. Sorti en 1997, on ne retrouve donc pas Moulin Rouge. Par contre, on voyage entre l’univers de « Ballroom Dancing » avec des titres comme « Perhaps Perhaps Perhaps », « Time after Time », « Love is in the air » mais aussi l’univers de « Romeo+Juliet » et un remix absolument fou de « Young Hearts run free » (génial !). On a aussi l’occasion de découvrir des pièces totalement inconnues pour le commun des français puisqu’elles n’ont pas quitté leur Australie natale. C’est le cas de « La Bohème » (bientôt adaptée pour le cinéma par Baz himself), « Haircut » (et le très connu « Let the sunshine in » de la comédie musicale), « Lake Lost », « Midsummer Night’s Dream ».

Mais la chanson la plus étonnante est une sorte de récitant sur fond de « Everybody’s free ». Et la naissance de cette chanson est encore plus étonnante. L’histoire débute en 1998 lorsqu’un étudiant sous le nom de Kurt Vonnegut envoie partout sur la planète par le biais d’internet un article écrit par Mary Schmich pour le Chicago Tribune. Et par le hasard le plus total, il s’est avéré que ce texte est tombé entre les mains de Baz Luhrmann alors qu’il travaillait sur un remix du hit de 1992 « Everybody’s Free (To Feel Good) » de Rozalla. Immédiatement, Baz Luhrmann entra en studio avec un acteur (Quindon Tarver) et un single vit le jour. Totalement surréaliste, ce morceau reflète à merveille l’esprit de Baz Luhrmann : brillant et innovateur.

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Michelle Branch - The Spirit Room
Michelle Branch est la petite dernière venue tout droit du pays de l’oncle Sam. A, à peine 18 ans, elle signe la plupart des morceaux de son premier album « The Spirit Room » où elle traite des petits problèmes liés à son âge : l’amour, l’amour et encore l’amour. Ce n’est pas très original mais ça s’écoute gentiment.

Si son nom ne vous dit rien, c’est absolument normal mais pour les fans de la série (maintenant controversée pour cause d’images « trop violentes ») « Buffy contre les vampires » c’est autre chose. En effet, Michelle Branch apparaît dans un épisode (« Tabula Rasa ») de la saison 6. Elle joue une des ses chansons (extrait d’ailleurs de « The Spirit Room ») sur la scène du Bronze. « Goodbye to you » clôt donc l’épisode et est sans doute une des meilleures chansons de son album.

Outre le single « Everywhere », on retrouve des hits potentiels comme «Goodbye to you » (bah tiens !), « All you wanted », « Something to sleep », « If only she knew ». En somme, « The Spirit Room » est un bon premier album pour Michelle Branch qui se défend pas mal du tout.
John Williams - Episode II : L'Attaque des Clones
Toujours aux commandes du London Symphony Orchestra, c’est avec joie que l’on découvre une nouvelle bande originale de l’épisode II de la saga Star Wars. John Williams nous propose de nouvelles mélodies, de nouveaux thèmes dont un très beau : celui de l’idylle naissante entre Anakin Skywalker (Hayden Christensen) et Padmé Amidala (Natalie Portman) intitulé « Accross the Stars » qui nous révèle tout le génie de John Williams pour les musiques de films.
Et pour les connaisseurs, il ne vous aura pas échappé que le retour du thème « Accross the stars » à la fin du film pour célébrer le mariage secret d'Anakin et de Padmé est brillamment précédé de la fameuse Marche Impériale (des épisodes précédents ou suivants comme vous voulez) qui plane comme une menace et nous laisse présager un épisode III très sombre.
Renaud - Boucan d'enfer
Renaud revient, d'entre les morts diront les mauvaises langues qui font rien qu'à critiquer, le p'tit gars s'est quand même décidé à reprendre sa guitare et son courage à deux mains mon cousin pour nous servir un nouvel album qui porte bien son nom "boucan d'enfer". J'avais croisé Renaud il y a quatre ans dans une toute petite salle logée au fin fond du trou du cul du monde, il était venu jusqu'à nous traîner ses godasses, son mal être, son blues de mal vivre et franchement ce concert qui ressemblait à une tournée d'adieu, un dernier godet avant de se tirer ailleurs, m'avait foutu une choquotte d'enfer. Sa tête de chafoin, sa tristesse à peine masquée, sa dégaine de cow boy looser qui rentre à la maison une flèche d'indien plantée dans le cul, quelques chansons inédites alors (elle a vu le loup), étaient restées gravés là, quelque part dans ma mémoire, entre mélancolie et tristesse et je m'étais dit voilà, c'est fini. Et puis alors qu'on ne l'attendait plus, Renaud revient, tranquille, un disque sous le bras et ce petit rien indéfinissable qui brille encore et encore dans le fond de ses yeux, comme pour nous dire les p'tits gars faudrait voir à pas m'oublier aussi vite.

Allez, je vous le dis sans ambage, ce disque est une merveille et le talent de renaud est absolument intact. Les quatorze titres s'égrennent et Renaud, comme d'hab' nous prend par le bras, nous tire, nous emmène dans son petit monde à lui qu'il a, entre vérités ("renaud a choisi la guitare et la poésie et les mots") et mensonges ("renard, c'est son côté anar crache sur tous les idéaux"), nous parle des ses amours perdues - mais le sont-elles vraiment -, des fantômes qui hantent ses nuits, du p'tit jaune au comptoir dès potron minet ("pour vivre heureux je vis caché au fond de mon bistro peinard, taciturne désabusé loin de ce monde de barbares") et puis, quand même, comme un clin d'oeil, une ode au pucelage, il nous sert "elle a vu le loup" où l'on voit qu'il n'a rien perdu de son merveilleux sens des mots: "elle a vu le loup, tant mieux ou tant pis, c't'ait pas un bon coup ni un bon parti, j'lui jette pas la pierre, j'crée pas une émeute y paraît qu'sa mère a vu toute la meute". Non, c'est clair, Renaud n'est pas mort, il bande encore. Rien quà lire les titres, on sait que Renaud n'oublie pas ses vieilles amitiés, de Tonton Président à Gaudin l'anar entartreur, de ses potes militants, de Bové à Millau à ceux tombés en Corse, Renaud est un mec fidèle, même si la fidèlité est parfois un fardeau lourd à porter sur des épaules aussi fragiles, musclé comme un flan aux pruneaux.

Lorsque Boucan d'enfer est sorti, mon disquaire m'a confié: "on n'avait pas vu ça depuis l'album de U2". Au moment où j'écris ces lignes, peu de temps après la sortie de l'album commercial, l'édition limitée, un livret magnifiquement illustré par Titouan Lamazou, est épuisée. Si vous le trouvez, achetez-le, c'est déjà un collector. C'est Jean-Pierre ("Titi") BUCOLO qui signe les arrangements et la réal et c'est l'inénarable Phil DÉLIRE qui est à la prise de son et au mixage, bref, autant dire qu'au final cet album fleure bon la perfection, à tout point de vue.

J'ai retrouvé Renaud, mon vieux poteau. Si vous voyez ce gars passer pas loin de chez vous, allez lui faire un p'tit coucou. Renaud, mine de rien, c'est un marchand de bonheur. Ouaip pour une bonne nouvelle, c'est une bonne nouvelle: Renaud est vivant. Et ceci-celà.
Saez - God blesse
Le double album tant attendu de Damien Saez est enfin dans les bacs.

Retrouvez très bientôt une critique de l'album...



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update: 21/09/02

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