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Zazie au Zénith de Paris - le 26 Octobre 1999
Les portes du Zénith sont pour moi synonimes de stress, d'énervement et de "mais poussez pas!" et toutes ces sortes de choses très agréables avant un concert. C'était le cas ce soir-là, une horreur cette entrée...

La salle est enfumée, comme avant chaque concert, et on peut repérer un marsupilami fille avec d’autres peluches à droite, une vache à gauche sur les enceintes et une girafe sur les claviers de Christophe Voisin. Probablement les mascottes de l'équipe, une pour tous. La tension monte (est-ce que Phil filera droit ?) , la salle se remplit peu à peu. Les cinq dernières minutes sont mortelles. Mais qu’est-ce que les gens sont mous! A l’Olympia, ça fait longtemps que tout le monde criait “Zazie”. C'est pourtant la der des der ce soir. Histoire de nous réveiller, on nous met à fond “Bitter Sweet Symphony” de The Verve et Boris tente de nous faire réagir en faisant le pitre back-stage. Bien sûr, ça en a secoué plus d’un mais ce n’est pas radical. Ce n’est que lorsque les gens commencent à entendre le compte à rebours des moutons que ça s’agite. J’ai reperé Pierre Jaconelli, concentré, dans les “coulisses” à gauche. Il se prépare à entrer sur scène. Zazie doit surement avoir une trouille d’enfer sur le côté mais Pierre Jaconelli est là pour la calmer.

Trois mou-tons, deux mou-tons, un mou-ton... L’ange arrive et se pose au milieu de la scène, il est vêtu d’un pantalon blanc très léger que la peur fait vibrer, des basket addidas souples et blanches et une chemise à moitié transparente à travers laquelle on peut deviner un corset blanc-crème, sans oublier ses “bracelets” autour de ses poignets.Ce soir-là elle va enchaîner morceau sur morceau, tube sur tube, larme sur larme même, avec une facilité. Après s’être chauffé la voix sur un
Je-Tu-Ils version “tout le monde bouge” , ça nous donne immédiatement le ton du concert. Ames sensibles s’abstenir. En tous cas, ils ont fait simple, les musiciens, sur les côtés trois héoliennes (une à gauche et deux à droite), un espace entre Christophe et Maxime et, dans le fond, des lumières de toutes sortes et la fameuse boule disco.

Tous des Anges est enchaîné sans plus attendre, il ne faut pas laisser le temps au public de s’endormir. Donc un Tous des Anges planant, aérien... Dans le noir, un filet de lumière laisse entrevoir Zazie enlevant sa chemise, la lumière va revenir et ça va chauffer dans la salle surtout du côté des “mâles”. Gagné! La lumière est à peine revenue que ça hurle déjà. Zazie a légèrement du mal à en placer une. “Bon j’ai méga beaucoup cherché ce que j’allais vous dire, c’est important la première phrase... et j’ai super méga trouvé : Bonsoir!”.
Noir.
La Vie devant Moi. Voilà une chanson, je dois dire, que je n’aimais pas. Mais sur scène, c’est une bombe à retardement que vous prenez en pleine poire, fichtre diantre! Elle est enchaînée immédiatemment par une intro de Boris très Noir Des, je vous laisse deviner. C’est un truc qui vous prend le coeur grave. C’est l’intro de Sucré-Salé, c’est assez inattendu. Zazie en profite pour aller voir chacun de ses musiciens et s’agiter comme une folle devant eux.
Séquence émotion : les lumières se sont calmées, Zazie est seule avec Christophe et sa
Chanson d’Ami. On a cette forte impression que cette chanson n’est pas totalement “imaginaire”. “Il y a des chansons d’amour tristes et d’autres gaies, celle-ci en est une”. La Preuve par Trois lui permet vraiment de ressortir son côté “allumeuse je critique les autres mais je suis pas mieux”. Elle finit allongée par terre son micro entre ses jambes. Ce moment du concert est un moment où Zazie ne fait pas qu’allumer des briquets... Mais faut dire qu’elle le cherche.
“C’est l’histoire d’une vengeance” et la suite on la connaît par coeur à force d’être répétée : "on écrit une chanson tout seul dans sa chambre parce qu’un amoureux vous a quitté et ça fait mal, puis on va la chanter à la télé en play-back ("ouh ouh!!")et le jour où est vengé c’est quand on est sur scène avec le public et ça, ça fait du bien". Un
ça fait mal et ça fait rien normal, rien de particulier.

Ah, je crois que maintenant, c’est un de mes moments préfs du concert :
Made In Love. C’est un jeu auquel j'adore jouer! Pierre Jaconelli est assis sur son petit tabouret et commence à gratouiller sa guitare accoustique (une Gibson qand même, y'en a des qui se refusent rien), super. Alors là, c’est le moment, il faut en profiter pour en réclamer encore plus à Pierre qui ne demande que ça évidemment! Et généralement, tout le monde part alors dans une sorte de délire, un jeu entre Zazie et Pierre qui rejoue de plus belle. Zazie ne peut plus en placer une, elle fait alors semblant de partir mais ça ne marche pas. Mais il faut bien quelle chante Zazie, c’est son concert pas celui de Pierre. Pierre finit par lui céder sa place, il a eu son quart d'heure de gloire. C’est donc Made In Love, chaud, chaud! Elle nous le fait façon Full Monty en enlevant son corset et ses “bracelets”. “Doit-on souffrir dans ces corsets de soie?...” Bien sûr que non.
Homme sweet homme, seule avec Christophe au début puis les autres arrivent en renfort au bon moment .
Après cette chanson relativement calme (ouf! on est reposé), Zazie déboule sur scène : poussez les amplis et ... "Faîtes du BRUIT!!!!!". Mais alors là aucun problème, Axel Bauer l'a rejoint pour dix minutes de gros délire sur
Eteins la lumière. On en redemande! C'est ensuite au tour de Marc Lavoine de chanter à Zazie mais qu'est-ce que t'es belle...
Zen ! Seule (avec une brève mais très brève apparition de Florent Pagny), encadrée de ses deux guitaristes, Pierre et Boris, sur leur tabouret. “Allez les filles Zeenn, les garçons ZEN!!”. Un bon petit refrain de variété française, y'a que ça de vrai!
Fou de Toi est absolumentgénial, plein de pêche. Un des meilleurs (si ce n'est le meilleur) moments du concerts, variété? vous avez dit variété?? Enchaîné avec Cyber une chanson que là encre j’aimais moins mais qui explose sur scène. C’est le moment où l’on peut se lacher, danser, sauter et où “ça ne sera pas retenu contre nous”. On est dans le noir après tout! Une chanson qui bouge bien où Zazie gueule son “Fier de ne plus être humain” et où elle s’amuse . Pas de repis, enchaînement immédiat avec l’histoire d’une Souris Verte (remix), Zazie embête un peu Pierre en touchant à ses pédales mais tout ça c’est pour de rire, hein?. Un-deux-trois-quatre. Intro de Un Point C’est Toi, Zazie cherche. Elle cherche son cobaye. Mais ce soi-là, elle n'a pas eu de mal a en trouver, ils étaient tous volontaires. Les t-shirts falsaient grave.

Premier noir. “Zazie, Zazie!” Et ça hurle, ça tape mais elle va revenir, je le sais, j’ai déjà vu alors je ne crie pas. J’ai assez mal à mes pauvres cordes vocales. Ja vais me casser la voix si ça continue. Et puis sachant ce qui suit, je m’économise.

Au bout de très longues minutes , les premiers accords des
Meilleurs ennemis électrisent littéralement la foule, quand Pascal Obispo débarquent sur scène c'est la folie. Amusant, ils ont inversé leur rôle.
On prépare ensuite au milieu la boule façon disco de toutes les couleurs et on retrouve notre Zazie montée sur ressort et fofolle qui danse comme une loutre, les cheveux au vent au son du remix replicant de
Tout le Monde. Son costume, enfin ce qu’il en reste prend les couleurs de la boule (bleu, jaune, rouge, vert, rose...) Un remix replicant qui bouge bien sur scène. Chacun a eu le droit à son petit nom. Tout le monde il est beau.... Un moment que j’aime bien aussi, c’est l’échange Zazie/public sur des “ah!ah!”, “tout, tout, tout”, “au clair de la lune”, “frère Jacques”, “sonnez les matines”, “ça plane pour moi” (inspirée des Enfoirés?)... Petite pause en plein milieu histoire de présenter l’équipe et ses musiciens et quels musiciens : Maxime à la batterie, Boris à la guitare, Mishko à la basse, Christophe aux claviers et c’est tout, non? Bien sûr que non.”...il a écrit des chansons comme Allumez le feu! Allumez le feu!” C’est bien sur Pierre Jaconelli. Fin de Tout le Monde, un larsen.

Enchaînement de circonstance pour la chanson suivante
Larsen, elle me foutera le cafard jusqu’à la fin de ma vie. Alors qu’on croit qu’elle est finie, les musiciens reprennent le thème instrumental de Larsen et Zazie avec cette légereté qu’on lui (re)connait vient toucher les mains tendues de son public. Pendant ce temps-là, Pascal Obispo, Axel Bauer et Marc Lavoine sont revenus sur scène décidés à mettre le feu. Voilà des moments que l'on aimerait vivre et revivre à l'infini. Pierre a quelques difficultés à terminer le morceau (Pascal, tu veux pas lâcher sa guitare?). Le coeur est gros et rempli d'émotion, c'est le dernier soir et nous arrivons à la dernière chanson, c'est terrible. Wouah! Les larmes me viennent aux yeux mais faut pas. Le salut s’enchaîne rapidement, Pierre fait l’abruti avec ses camarades de jeu, pour changer un peu! Un dernier signe de la main et ils s’en vont. Après cinq minutes de noir, Zazie revient seule cette fois, enfin pas tout à fait, elle porte avec elle un Orgue de Barbarie. “D’abord, je voudrai m’excuser auprès de ceux qui jouent bien de l’Orgue de Barbarie, c’est pas facile.” J’envoie valser.... C’est trop, moi si ça continue, je vais pleurer. “C’est toi, toi qui vaux de l’or”...Alors là c’est trop, Zazie craque et moi par la même occasion. ”C’est vous qui valez de l’or.” Merci Zazie.

Après nous avoir donné son coeur, elle s’en va pour de bon. Elle part en coulisse et sans doute, là et une fois seule, elle va éclater en sanglots. Et oui, même les anges pleurent.





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update: 21/09/02

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